Délégationde Quercy

Urgence hiver 2018 Montauban

Portraits de jeunes en situation de précarité

Samedi 10 février 2018, au 36 rue du Lycée à Montauban, permanence bénévole de l’accueil du Secours Catholique « Urgence hiver ». Il est 9 heures, heure à laquelle arrivent nos premiers invités.
Portraits de personnes rencontrées ce jour – elles étaient une vingtaine ce matin à nous retrouver, femmes ou hommes seuls, familles, de tous âges, et parmi ces personnes, certaines ont accepté de témoigner.

Jean-P.

publié en février 2018

Jean-P., 22 ans, originaire de Moissac, se retrouve sans domicile depuis ses 18 ans à la suite d’une rupture familiale. Chaque jour, il appelle le « 115 » pour demander une place d’hébergement d’urgence. « Là-bas, ils m’aident aussi dans mes démarches de demande de carte d’identité, tout commence avec des papiers. » Ensuite, il espère intégrer une formation en alternance dans les espaces verts, comme préparateur de commande ou encore mécanicien.

Ce que souhaite Jean-P., c’est travailler pour devenir autonome financièrement. « Je suis prêt à me former quelle que soit la formation qui me sera proposée, je veux m’en sortir. »

Ce qu’il trouve ici à la permanence d’accueil du Secours Catholique de Montauban ? De la chaleur humaine et un café chaud. Il se sent le bienvenu et trouve à son goût le brunch proposé. Jean-P. est très content qu’il y ait des prises de courant pour recharger son téléphone ainsi qu’un accès Wi-Fi.

Quand je lui demande ce qui pourrait être amélioré à notre accueil, il me regarde droit dans les yeux et me remercie de ce qui est déjà fait. Je l’informe que toutes les personnes ici sont bénévoles, il est ému de l’apprendre et me remercie à nouveau de cette attention de tous, bénévoles et associations.
Avant de le laisser se reposer au salon, je le remercie de cet échange en vérité, je lui souhaite de réussir à trouver sa voie et lui rappelle qu’ici, il sera toujours le bienvenu.

Flor., 22 ans, originaire de Cahors, sans famille depuis quelques années déjà, vient uniquement le week-end, la semaine il travaille. Il est volontaire civique depuis novembre 2017 : Flor. rencontre le personnel de collèges, lycées où il propose la projection et l’animation de débats autour de films engagés sur les questions par exemple de racisme, d’identité sexuelle, de discriminations… Il gagne environ 500 euros par mois mais ne peut subvenir à ses besoins de logement, c’est pourquoi il nous rend visite : « Je suis bien content, lorsque je sors de l’hébergement d’urgence, de venir ici, il fait chaud, il y a du café, des personnes gentilles et de quoi manger. »

Quand je lui demande ce qui pourrait être amélioré à notre permanence d’accueil : « Ce serait bien qu’il y ait la télévision ! Et que ce soit ouvert plus tard dans la journée parce que nous, les hommes, sans famille, nous ne pouvons aller à L’Oasis [1] ! Dès que vous fermez, nous n’avons plus d’endroit où nous mettre au chaud. Le samedi, je vais à la médiathèque, dans les magasins lorsque je ne me fais pas raccompagner à la porte par un vigile… Et le dimanche, il nous reste la gare, il y fait moins froid que dehors et il y a des distributeurs automatiques de boissons. Encore, moi, je gagne de l’argent, je peux toujours me payer un café dans une brasserie, ce n’est pas le cas de beaucoup. »

Ses souhaits pour l’avenir ? Il essaye de mettre un peu d’argent de côté pour partir s’installer près de la Suisse, un compagnon de route lui a assuré qu’il avait trouvé un emploi non qualifié pour un salaire de 3 000 euros par mois. « Vous comprenez, ce n’est pas le SMIC qui m’attend si je pars travailler là-bas ! » Il veut absolument gagner de l’argent, car pour lui : « Sans argent tu n’es rien et tu n’as rien, pas d’amis, pas de copine, rien ! »

« Aujourd’hui ça va mieux pour moi, j’ai des collègues, je me sens moins seul. Avant, je ne connaissais que mes amis d’infortune et pour certains, lorsque l’on se retrouve ce n’est pas gérable, ils sont moralement au plus mal. »

Je le remercie de ce témoignage et lui souhaite de s’épanouir dans sa mission de volontariat en lui assurant qu’ici, il est le bienvenu.

Pour ma part, après cette immersion, je me suis trouvée très avantagée et tout aussi émue d’avoir pu passer tout simplement du temps avec les personnes accueillies, de les avoir vues s’entraider et autant espérer un avenir meilleur, sortir de cette situation difficile.

Merci à tous, invités et volontaires pour votre accueil chaleureux, votre générosité, votre proximité et votre parole libérée.

Equipe de communication de la Délégation - CS

[1] Accueil de jour situé à Montauban.

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