Délégationde Quercy

Dans le Quercy Nord, à Lalbenque

Accompagnement des familles « à domicile »

Témoignage de l’équipe

Cinq bénévoles, Géraldine, sœur Marie-Josèphe, Martial, Jacqueline et Jacques, engagés dans l’équipe du Secours Catholique de Lalbenque parlent des visites à domicile qu’ils réalisent dans la commune et ses environs.

Accompagnement des familles « à domicile »

publié en février 2020

Martial retrace le cheminement de l’équipe : « Avec le curé de la paroisse, nous avons décidé il y a six ans, de créer une équipe du Secours Catholique à Lalbenque. Nous avons mis en place une permanence d’accueil social dans la salle paroissiale du village où toute personne, sans prendre rendez-vous, pouvait venir à notre rencontre. Nous avions comme relais d’information auprès des familles en difficulté, les travailleurs sociaux du secteur. Après un an et demi d’ouverture, le bilan était mitigé : il y avait peu de visites alors qu’il y avait selon les professionnels un besoin identifié sur le territoire. Une permanence d’accueil social n’était donc pas ce qu’il fallait proposer comme approche. Après une concertation avec les assistantes sociales du secteur, l’idée d’aller à la rencontre des personnes directement s’est présentée à nous. L’équipe de bénévoles a adhéré immédiatement et tout naturellement à la proposition surtout que ce type de rencontre faisait partie des actions soutenues par le projet national du Secours Catholique et celui de la délégation du Quercy.

Nous avons alors mis en place la procédure suivante : les travailleurs sociaux, premiers interlocuteurs, proposent aux familles en difficulté de recevoir la visite de deux bénévoles. Et si cette proposition reçoit l’assentiment de cette dernière, les assistantes sociales nous font part des besoins financier et/ou moral de la famille à visiter pour que nous initions ensuite l’accompagnement à mettre en place. »

Jacqueline note une grande différence entre une rencontre de la famille en difficulté lors d’une permanence à l’accueil social et une rencontre lors d’une visite à domicile : « En allant au domicile des familles, nous nous rendons compte plus facilement des difficultés, nous en avons une vue d’ensemble et souvent, nous pouvons plus aisément discerner les causes des problèmes : un logement sous-chauffé, sans mobilier, quelques fois en coupure d’eau, d’électricité… Notre échange lors de ces visites est plus profond également. Personnellement, je ne me positionne pas en tant qu’aidant mais comme un "frère solidaire". Nous n’adoptons pas la posture "assistants / assistés" et comme les personnes sont chez elles, elles se livrent plus aisément, il se crée comme une relation d’amitié, presque familiale entre nous. Avec le temps et les différentes visites rendues, nous fraternisons.  »

Pour Jacques, les bénévoles ne résolvent pas seuls les problèmes des familles : « C’est ensemble que nous essayons de comprendre les difficultés de la situation dans sa globalité. Nous prenons le temps d’échanger, de discerner, d’identifier les dysfonctionnements pour essayer d’agir sur les causes ou de trouver des solutions alternatives. Souvent, ce n’est pas qu’une aide financière qui va durablement aider les familles mais, un accompagnement sur le long terme.  »

Voici décrits les types de situations que nous rencontrons : « Elles sont diverses. Comme le cas de familles dotées de chauffages électriques qui ont, de manière récurrente, chaque hiver, des difficultés à régler de lourdes factures d’électricité bien que le logement ait été sous-chauffé. Ici, il s’agit du cas typique d’un logement mal isolé et souvent la situation est réglée après une démarche engagée par la famille (que nous soutenons dans cette action) auprès du propriétaire. Pour d’autres, nous appuyons des demandes de nouveau logement auprès des services sociaux comme pour Mme N. seule avec ses 4 enfants et tous régulièrement malades. Ils étaient logés dans une maison peu isolée, humide avec un sol en terre battue ! Pour d’autres familles, sans famille et trop âgés, chauffées au bois qui ne peuvent plus s’en acheter ou même le couper. Des agriculteurs de la commune se montrent solidaires, ils viennent au domicile le couper ou même en offrir. On essaye de trouver des solutions au cas par cas."

Parfois les besoins dépassent les besoins matériels. : « Certains souffrent de la solitude, de l’isolement, en rupture familiale partielle ou totale, comme Mme L. âgée de trente ans et qui a également de nombreux problèmes de santé dûs pour la plupart à sa jeunesse passée en errance.  »

Martial explique à quel rythme les bénévoles rendent visite. : « Au début, à la demande des familles, on rend visite une fois par semaine. Ensuite, quand le besoin n’est plus exprimé, nous nous effaçons mais pas complètement, ni définitivement, nous prenons des nouvelles, sur la santé pour les personnes souffrantes, suivies médicalement, pour d’autres, nous profitons d’occasions comme celles de souhaiter un bon anniversaire, un joyeux Noël, une bonne année, de joyeuses Pâques,… Un petit SMS à leur attention pour rappeler que le lien est toujours présent. Et si ça ne va pas, quand le besoin est exprimé directement ou indirectement par la détresse de mots échangés, nous nous rendons à nouveau disponibles pour leur rendre visite et poursuivre notre accompagnement.  »

Selon Jacqueline, voici comment l’action de l’équipe est perçue par les partenaires institutionnels : « Nous avons beaucoup de contacts car nous accompagnons aussi le suivi administratif quand cela est nécessaire. Nous aidons à monter des dossiers divers comme le cas de la famille R., désespérée car confrontée à une dette importante d’enlèvement des ordures ménagères auprès de la communauté de communes et de la trésorerie principale. Aujourd’hui, je peux dire que l’équipe des bénévoles est reconnue par les institutions avec lesquelles elle est en relation et repérée comme aidante auprès de certaines familles. C’est le cas aussi avec des partenaires associatifs à Cahors comme les Restos du cœur que nous sollicitons pour des aides alimentaires ou encore Emmaüs auprès de qui nous pouvons acheter l’équipement électro-ménager en urgence et à moindre coût. Dans ces cas-là, les familles contribuent au financement, elles le font volontiers et à la hauteur de leurs moyens. Ainsi, elles s’approprient le bien et le recours (garantie) auprès de l’association solidaire (aussi). Et bien entendu, nous avons d’excellentes relations avec les travailleurs sociaux, nous travaillons en bons termes et en appui dans le suivi des dossiers de surendettement ou encore d’aides financières. Chacun a(à) sa place et un rôle bien défini. »

L’équipe bénévole au service est organisée et soudée. « Les visites à domicile se font en binôme et l’équipe, au complet, se retrouve avec Sylvia (sympathisante devenue bénévole), le deuxième vendredi de chaque mois lors d’une permanence d’accueil à la salle paroissiale de Lalbenque.  » Tous trouvent que le temps d’échange en équipe sur les situations des familles est indispensable pour prendre du recul et avoir du discernement. Une équipe compétente œuvre grâce à ses connaissances, le savoir-être, la qualité humaine comme avec Sylvia qui a connu la précarité et qui explique quelle perception pourraient avoir les personnes accompagnées sur les actions menées et quels besoins pourraient-elles vraiment avoir. Quant à sœur Marie-Josèphe, grâce à ses compétences, elle accompagne tout naturellement les mères isolées mais aussi tous ceux qui souhaiteraient un accompagnement spirituel.

Un grand merci pour ce beau témoignage de fraternité, merci à tous les bénévoles de l’équipe qui, avec leur devise au quotidien : « Aimez-vous les uns les autres. » agissent au quotidien auprès des plus démunis.

Propos recueillis par Carole Saulnier Équipe de communication du Quercy

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